Le Butterfly
Blues Band, où ferraillent les six cordes de la guitare de Mike
Bloomfield, est un chaînon manquant entre plusieurs styles et
deux époques,
entre le blues de Chicago et l'Ouest psychédélique.
Qu'on écoute, s'il fallait s'en convaincre, le long morceau
East West qui donne son titre à l'album, qui d'un blues
électrique s'aventure vers des terres lointaines aux gammes
orientales chères à Dick Dale,
et dont les explorations inspireront
Grateful Dead, Jefferson Airplane et les Doors.
En 1965, le même Mike Bloomfield, épaulé par deux autres pistoleros
du Butterfly Blues Band – le batteur Sam Lay et le bassiste
Jerome Arnold, section rythmique légendaire d'Howlin'
Wolf – conduisait le gang musical du nouveau Dylan au Festival
de Newport, quand celui-ci prit le parti, au grand dam des puristes,
d'injecter de l'électricité dans son folk jusqu'alors acoustique. |