Luc Ferrari (1929-2005)

C’était donc un grand plaisir de rencontrer Luc Ferrari chez lui à Montreuil et de discuter à l’ombre de ces pruniers couverts non seulement de prunes mais aussi de disques compacts–”ce sont des trucs que je n’écoute plus, donc je les ai accrochés aux arbres”–tous étincelants dans le soleil d’un après-midi de juillet.
(Propos recueillis par Dan Warburton, le 22 juillet 1998, consultable ici)

Éléments biographiques
Article écrit par Juliette GARRIGUES
Source : Encyclopédie Universalis

Le Français Luc Ferrari se situait aux antipodes des compositeurs de « musique nouvelle » de sa génération :
Pierre Boulez, Luciano Berio, Karlheinz Stockhausen… Pour les uns, il représentait le compositeur du futur,
pour d’autres, un simple “créateur à la mode”.
Luc Ferrari, né le 5 février 1929 à Paris, apprend très jeune le piano. La tuberculose le contraint malheureusement à délaisser un temps l’instrument…. pour devenir compositeur. De 1948 à 1950, il suit, à l’École normale de musique, des cours de piano auprès d’Alfred Cortot et des cours de composition avec Arthur Honegger. Après un passage dans la classe d’analyse musicale d’Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris (1953-1954), il participe en 1958 avec Pierre Schaeffer à la fondation du Groupe de recherches musicales (G.R.M), dont il assurera brièvement la direction en 1959 et 1960.
Parallèlement à sa carrière de compositeur, Ferrari exerce des activités de pédagogue et d’organisateur. Il est notamment le premier, en 1964 à la Rheinische Musikschule de Cologne, à dispenser des cours de composition spécialisés dans les techniques et procédés électroacoustiques. Dès 1965, il co-réalise avec Gérard Patris une série de documentaires sur la musique contemporaine pour la télévision française. A travers des répétitions, ces émissions tracent le portrait d’Edgar Varèse, de Olivier Messiaen, de Karlheinz Stockhausen, de Hermann Scherchen, ainsi que de Cecil Taylor. C’est la première fois que la musique contemporaine fut présente à la télévision française.

Ferrari s’est toujours opposé à ce que ses œuvres fourmillent de codes culturels complexes qui les rendraient
inaccessibles au grand public et il restera sa vie durant proche de l’expression populaire. Pour lui, l’œuvre musicale doit être envisagée comme un exercice de communication quotidienne et il ira plus loin que beaucoup d’autres compositeurs de musique électroacoustique, son goût pour le son naturel le menant à recueillir un vaste corpus de sources sonores : bruits, cris, voix, rumeurs, clameurs…
Hétérozygote, pour bande magnétique (1963-1964), illustre parfaitement cette démarche, avec son utilisation de sons bruts (bêlements de moutons, bribes de conversation en plusieurs langues, bruits d’avions, de vagues, de vent), dont le montage est effectué de manière à préserver le réalisme ; l’emploi de quatre pistes permet une spatialisation des sons parfaitement appropriée à la représentation du réel.
Même si elle se rapproche de la musique électronique ou de la musique concrète, la musique de Ferrari s’en différencie par le rejet de toute abstraction. Hétérozygote fut rejeté par le « dogme » imposé par Schaeffer, qui voulait que le son soit utilisé comme « objet sonore » analysé selon des critères de sa morphologie. Parce qu’il utilisait des sons dont l’origine était reconnaissable, Luc Ferrari décida de nommer ses compositions, avec une certaine dérision « musique anecdotique ».
A cette époque, il prône un retour à la simplicité, voire au minimalisme de l’enregistrement brut (Promenade symphonique dans un paysage musical, 1976-1978).
Plaidoyer pour une musique naturelle rejoignant la notion de paysage sonore, abandon progressif de l’idée selon laquelle les bruits réels constituent une matière première à transformer : tel fut le parcours de Ferrari, qui a toujours conçu cette matière à la fois comme source d’inspiration et comme citation brute. Il n’hésita cependant pas à combiner des sons abstraits à ces matériaux prosaïques : dans sa Petite Symphonie intuitive pour un paysage de printemps (1989), il mêle ainsi plusieurs sons de flûte, l’un continu, les autres apparaissant et disparaissant comme des échos de voix de bergers parlant à leur troupeau. L’assemblage des sons, processus qui gouverne l’essentiel de l’œuvre de Ferrari, ne doit pas oblitérer le remarquable talent qui en fait la sélection. Et il ne faut pas oublier que Ferrari a aussi signé de nombreuses compositions dans lesquelles la musique acoustique prédomine. Parmi les plus importantes, on citera Cahier du soir, suite de vingt pièces pour quatorze instruments, une comédienne et des diapositives (1991-1992), et la Symphonie déchirée, pour dix-sept instruments sonorisés et son mémorisé (1994-1998). Même si certains choix de Ferrari furent décriés, sa mort, le 22 août 2005 à Arezzo, en Italie, a laissé un vide considérable dans le monde musical contemporain.

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Les CD ci-dessus sont disponibles dans les bacs du secteur Musique de la Bibliothèque de Montreuil.
Vérifiez leur disponibilité, réservez-les ici.

Le site Luc Ferrari
Lire l’interview de Luc Ferrari par Dan Warburton

Ecoutez l’émission L’Atelier du son de France Culture avec Brunhild Ferrari à propos de la sortie du coffret “Programme Commun”.

L’Association Presque Rien, crée en 2006, regroupent les amis de Luc Ferrari. Son but est de contribuer à la connaissance et à l’exécution des œuvres musicales de Luc Ferrari, à la diffusion de ses écrits, de ses films…
Son adresse : Association Presque Rien, 11 cité Voltaire, 75011 Paris.
Contact : brunhild.ferrari@orange.fr

De nombreuses vidéos de et autour de Luc Ferrari existent sur Youtube.
Une petite sélection :
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1 commentaire jusquà maintenant ↓

#1 brunhild on 09.11.13 at 21:27

merci beaucoup !!!!!!!!!!
A bientôt

Brunhild

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