Benoit Baron

Le petit monde de Benoît Baron est encré dans le réel.
Et comme tout batteur qui se met à écrire ses propres morceaux, il s’appuie sur… la basse pour rythmer ses mélopées minimalistes. Une basse très sèche qui flirte avec les médiums pour laisser libre court au chant et à une réelle mise en valeur des silences. Peu de notes, mais la sensation de flotter au dessus de ses histoires.
C’est étrange, mais les 6 titres de cet EP me font penser aux œuvres des peintres américains Charles Demuth et Edward Hopper.
Une sorte de fausse réalité qu’il nous semble croiser tous les jours. L’artiste est là, qui magnifie ce quotidien introuvable. Étrange.
Ce premier EP est à l’unisson de cette sensation vagabonde. Pour livrer cet opus, il s’est installé dans son propre studio (Studio 61) créé en 2007 quelques années après avoir quitté ses métiers de chargé de diffusion et de régisseur. Le voilà donc avec un nouveau job : artiste, et cela lui va plutôt bien.


crédit photo : Clara Chichin / Hans Lucas

Une voix qui, d’entrée, paraît familière, récitant avec un détachement feint des textes à la fois poétiques et limpides ; des mélodies qui s’impriment doucement, servis par des arrangements dont l’apparent minimalisme dissimule une vraie sophistication. Avec un univers si personnel – intimiste, diront certains -, on se prend à imaginer Benoît Baron en songwriter solitaire, traçant sa route avec pour seuls compagnons quelques instruments et samplers. Ce n’est qu’en partie vrai.
Pour réaliser son premier EP, le Nantais Parisien d’adoption a mis en pratique ses talents de multi-instrumentiste, mais s’est aussi entouré d’amis pour l’écriture. Elsa Hourcade, Benoît Richter et Nicolas Kerszenbaum signent les textes, en s’inspirant d’histoires et de thèmes souvent choisis par le musicien. La musique, elle, reste la propriété exclusive de ce Baron né à l’heure du punk, en 1977, et qui forma son premier groupe, en tant que batteur, au moment où Deus et Portishead livraient leurs premiers LP décisifs, en 1994. Le musicien s’est ensuite montré aussi à l’aise dans le rock 60’s (Los Angelas), le hip hop (Yas and the Lightmotiv) que dans la musique traditionnelle (Oli Wheel) ou la chanson pop (Lecoq, Bocage).
À trente-huit ans, le voici décidé à porter pleinement un projet solo dont une poignée de démos avaient déjà donné un aperçu en 2005. En six titres, Benoît Baron rappelle qu’il entend aujourd’hui, plus que jamais, « duper les gardes-frontières » (Debout, le morceau qui ouvre l’EP) des territoires de la pop, de la chanson, et du post-rock. Anthropo Family a même des airs de world music, qualificatif qui n’effraiera pas ce fan de Tony Allen et Rodrigo Amarante. Une des chansons les plus emblématiques du répertoire du monsieur – déjà riche d’une quinzaine de morceaux sur scène – s’intitule d’ailleurs Civilisation. Une symphonie de poche, qu’un artiste comme Sufjan Stevens aurait pu écrire s’il avait eu pour disque de chevet l’obsédant Remué, de Dominique A…
Une petite virée dans un Métro à la conduite plus nerveuse, et c’est à une autre pointure de la pop française que l’on pense, Michel Cloup, quand la mélodie inoubliable des Pilules, le morceau qui clôt le disque, nous fait comprendre que Baron fera lui-même bientôt figure de mètre-étalon dans le petit monde de la chanson pop francophone. »
(Article de Matthieu Chauveau)

Le CD ci-dessous est disponible dans les bacs du secteur musique de la discothèque.
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Contact mail : benoitbaron@holistiquemusic.com

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